Introduction au Vedanta

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La connaissance juste élimine l'incertitude. C'est la base d'une vie réussie et heureuse, aussi bien dans le domaine matériel que dans celui de l'esprit. Même au niveau le plus grossier de l'existence manifestée, la découverte des attributs réels qui composent les objets usuels nous permet de résoudre une quantité de difficultés et de mieux vivre. En fait, si l'on regarde une chose avec toute son attention et en pleine lumière, toutes les conditions indispensables à une perception non illusoire sont rassemblées. On repère le lieu où elle se trouve, on perçoit ses caractéristiques propres, on l'identifie clairement, on la connaît avec précision. En conséquence on peut agir correctement.

Comme nous venons de le voir, le doute est un élément principal de la quête spirituelle. Toutefois, cette quête ne s'impose pas à tous avec la même intensité. Tout le monde ne se questionne pas décisivement sur son existence, sur la nature réelle de soi-même, sur celle de sa vie et de la vie. Or, ce qui ne relève ni du doute ni d'une nécessité fondamentale ne fait pas l'objet d'une investigation approfondie. La connaissance juste de soi-même et des phénomènes matériels dépend donc non seulement du doute mais aussi de la nécessité prédominante qui pousse à découvrir réellement ce que l'on cherche. Par exemple, nous pouvons espérer découvrir le remède d'une maladie, mais si cet espoir n'est pas associé la nécessité d'une recherche assidue, si nous ne sommes pas assez motivés, nous ne ferons pas l'effort d'entreprendre la quête, de la mener jusqu'à son terme. De manière analogue, pour entreprendre une recherche sérieuse et approfondie sur soi-même, il faut que l'intérêt de se connaître réellement devienne une nécessité. Cette motivation exigeante survient le plus souvent à la suite d'un événement dramatique, d'une souffrance insupportable. Placés alors par nécessité face aux limitations et défectuosités de notre ego - déconcertés, angoissés, dépourvus de suffisance egotique, assoiffés de vérité et de joie sereine -, nous sommes enfin gagnés par le désir de mettre à nu notre esprit, de libérer notre conscience de tous les voiles d'ignorance qui l'encombrent.

Eclairer sa conscience, essayer de trouver en soi-même la solution au problème des souffrances, cela peut paraître surprenant ; ce n'est pas très habituel. Admettre les limitations et les faiblesses de son propre ego, reconnaître son ignorance, convenir d'une connaissance confuse ou fragmentaire de soi, ce n'est pas une mince affaire. Certaines personnes ont du mal à l'envisager, car sous l'emprise de l'attachement à des croyances limitatives, à des désirs insatiables, à des objets matériels éphémères..., elles ne mettent pas en cause leur propre réalité, elles ne se posent pas de questions sur l'état de leur ego, sur la validité des désirs et comportements relatifs à l'état de leur conscience.

Un être humain non avisé croit avoir une connaissance juste de soi et de la vie. Dans ce cas pourquoi adopterait-il une voie de recherche spirituelle, une voie d'éclaircissement de son propre esprit ?

Personne ne doute de la conscience de soi. Tout individu a la certitude d'exister en tant que soi-même, en tant qu'ego, en tant que conscience. Néanmoins, pour un grand nombre d'êtres humains, cette révélation ne constitue pas un dévoilement de conscience pleinement satisfaisant, car elle n'est pas associée à l'expérience de la plénitude de soi que chacun, en son for intérieur, souhaite vivre réellement. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que cette révélation ordinaire de soi-même - partielle, incomplète -, résulte d'une superposition sur la conscience claire de perceptions sensorielles, émotionnelles, sentimentales et intellectuelles instables, éphémères, transitoires.

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