Le sujet principal du Vedanta est Brahman,
la Conscience pure, (le Soi de l'individu). Pourquoi ce sujet doit-il être
étudié en priorité ? Parce que toutes les expériences
faites par le corps, les sens et le mental concernent la conscience. [Note
1]
Le Vedanta précise ce qu'est le Soi. Il explique comment le connaître
dans sa vraie nature.
Ce Soi, ce Brahman, ne nous est pas complètement étranger, car
chacun a conscience de soi. Nous pensons et agissons dans la vie conformément
à notre conscience dont la clarté devrait normalement nous apporter
une joie stable, mais cette conscience peut être voilée, obscurcie.
Elle peut être recouverte par des connaissances confuses ou erronées
génératrices de désirs, de croyances et d'expériences
qui s'opposent à la plénitude du Soi à laquelle nous
aspirons.
L'enseignement du Vedanta définit clairement la Conscience mais aussi
l'Ignorance. Il nous donne des indications précieuses
sur cette Ignorance qui nous empêche de connaître la plénitude
du Soi. Il nous fait particulièrement remarquer que si l'existence
de l'Ignorance se révèle, c'est grâce à la Conscience,
son substratum.
Dans les Upanisads, qui constituent le Vedanta, la Conscience est définie comme la base universelle de révélation de tous les phénomènes. La Conscience pure (le Soi) est le substratum causal absolu, la réalité ultime et nécessaire de révélation de la conscience individualisée (ego). Or, c'est l'ego qui se pose des questions et cherche à découvrir le véritable sens de son existence. En effet, entre ce à quoi aspire l'individu et ce qu'il vit couramment, il y a une incohérence, nos comportements le prouvent, chacun de nous cherche à devenir pleinement heureux, un être humain normal ne se contente pas d'une joie de vivre fragile, impermanente. Nos recherches incessantes, en quête d'une solution réelle, montrent que nous ne pouvons pas considérer cet état habituel du soi comme pleinement satisfaisant.
Le doute relatif à la plénitude de soi-même constitue donc le début de notre investigation sur la nature réelle de la conscience et de la vie.
Tout questionnement résulte d'une incertitude. Celui qui doute n'arrive pas à identifier clairement une réalité à l'aide des moyens de connaissances dont il dispose : perception sensorielle, inférence, témoignage oral ou écrit. Sans douter de manière positive on ne fait aucun effort pour connaître quelque chose avec précision. Cependant, ce n'est pas dans notre nature de rester dans le doute. Afin de faire disparaître l'incertitude, indice du manque de clarté de notre conscience, nous devons vérifier la validité de notre perception, écarter les attributs superflus qui nous empêchent de connaître la réalité telle qu'elle est.
Le questionnement clarificateur est capital. Mais est-il bien nécessaire
de chercher à savoir pourquoi et comment se connaître soi-même
? La connaissance de notre soi réel ne nous est-elle pas déjà
acquise ? Pourquoi se poser des questions sur la nature réelle de la
conscience ?
La réponse est simple : une fausse connaissance de soi n'est pas sans
conséquences fâcheuses. La plupart des problèmes humains
- d'ordre personnel, familial ou social - découlent principalement
d'un manque de clarté, d'un obscurcissement de la conscience, d'un
manque de sagesse, entraînant la dispersion
ou l'inertie de l'esprit et les conséquences qui s'en suivent : égoïsme,
avidité, intolérance, peurs, violences, souffrances... Pour
se dégager de ce conditionnement asservissant, l'apaisement mental,
la clarification de l'esprit, le dévoilement de la conscience, constituent
le meilleur antidote, le remède excellent.
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